Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Deux, pair et manque

Une vie de couple somme toute banale, dans le milieu sinistré de l’industrie du nord de la France.

Un couple qui reçoit des amis dans une atmosphère lourde de ceux qui n’ont plus rien à se dire si ce n’est des remarques acides.

Les reproches qui éclatent au grand jour sont ceux qui sont enfouis au plus profond des êtres.

Claude Colson, dans son roman, nous livre un tableau de la société actuelle, avec ses travers, ses échecs.

Il élabore une critique virulente des manquements de l’éducation nationale sans langue de bois, avec des arguments justifiés.

Nous découvrons au fil des pages, tout ce qui peut séparer un couple, les enfants qui grandissent, la politique et surtout, insidieusement les blessures de l’enfance qui refont surface.

Avec pudeur et retenue, car on sent le sujet douloureux pour l’auteur, il évoque son enfance, ses émois non compris, sa sexualité solitaire d’adolescent avec des mots justes, sans vulgarité, froidement.

Mais la plaie est encore vive au point de douter de sa propre inclinaison sexuelle.

C’est le message de désespoir d’un homme devenu adulte qui doute de tout, et surtout de lui.

La psychologie du personnage principal est détaillée, analysée avec un vocabulaire simple et touchant.

 

Et soudain son monde bascule, une révélation fracassante vient bousculer sa vie.

 

Claude Colson, avec beaucoup de maîtrise, nous dépeint alors le pouvoir du psychique sur la vie du quotidien, l’influence qu’il peut avoir jusque dans la vie professionnelle, au point de tout perdre.

Non ce roman n’est pas noir, c’est un constat d’une vie ordinaire traversée par un événement extraordinaire.

Il y a malgré tout de l’espoir dans ce livre qui permettra sans doute à ceux qui ont connu pareil bouleversement de mieux se reconstruire et de se sentir moins seul.

 

Kariane Maxwell, juin 2018