Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Le jardin de l'oubli

Editions Charleston ISBN 978-2-36812-294-5 436 pages

 

Entre rires et larmes, présent et passé, un riche panel d’émotions nous traverse à la lecture de ce magnifique roman de Clarisse Sabard.

 

Elle réussit, telle une magicienne à faire ressurgir sous nos yeux émerveillés la Côte d’Azur de la Belle Epoque.

Imaginer Nice, Cannes ou Monaco telles qu’elles étaient il y a plus de cent ans est un défi que l’auteur à su conquérir grâce à des recherches étayées.

Sa plume est gaie, humoristique, on sent une bonne part d’autobiographie dans la partie actuelle du roman.

L’esprit de chercheuse de son héroïne est certainement un trait de caractère de l’auteure.

Les différents cycles sont si bien décrits, le style d’écriture par le vocabulaire marque bien le changement d’époque.

Clarisse Sabard manie à la perfection le phrasé « moderne ».

Les aïeuls sont des figures hautes en couleur.

Elle nous égaye avec ses personnages aux caractères joyeux et mélancoliques à la fois.

Car il y a beaucoup de nostalgie dans ce livre.

Un regret d’une vie qu’ont connus nos arrières grands-parents, avant la Grande Guerre qui nous a fait basculer dans un monde où les valeurs sont moins indispensables.

L’auteure nous livre aussi ses opinions d’un grand humanisme, sa vision d’une entraide qui permettrait peut-être à la société dans laquelle nous vivons de gagner en confiance.

Il y a beaucoup de sagesse à acquérir en côtoyant l’autre, nous dit-elle.

C’est aussi un plaidoyer pour les injustices dues à la migration, c’est une révolte contre les guerres qui fragilisent le monde et obligent les gens à vouloir se refermer sur eux-mêmes.

Ce roman en clair-obscur, merveilleux de rayonnement, est une leçon d’histoire et d’humanité.

 

Tous les ingrédients qui font de ce livre un ouvrage prenant y sont : suspens, romance et Histoire.

 

Et comme si les murs d’une maison abandonnée pouvaient nous parler, « Le jardin de l’oubli » nous fait prendre conscience de l’héritage que nous détenons tous de nos ancêtres et qu’il faut parfois peu de choses pour le faire revivre.

 

Un très beau roman, baigné par le bleu turquoise de la Baie des Anges et le doux bruissement de l’eau sur les galets du passé.

 

©Kariane Maxwell, 21 février 2018