Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Humana Au nom de la liberté

Editions Académia L'Harmattan SA ISBN 978-2-8061-0385-7 284 pages

 

 

Une naissance, une grange, un nouveau-né en qui tous les espoirs sont investis.

C’est par cette très belle symbolique que l’auteur nous fait cheminer aux côtés de Kumba Bakhadji, le jour de sa venue au monde.

Voici les débuts de ce très beau roman placé sous le signe d’une lutte âpre pour la liberté.

Mais qu’est-ce que la liberté ?

C’est vers ce vaste débat philosophique que nous entraîne Yves Terrancle.

De laquelle avons-nous besoin : celle de l’esprit, du mouvement ou de la croyance ?

Car il y a autant de choix qu’il y a d’hommes, ou de nations.

Nous sommes plongés dans l’Amérique de la guerre de Sécession, qui sévit de 1861 à 1865 et fit près de 617 000 morts dans un pays qui ne comptait alors que trente et un millions d’habitants.

Sous une plume presque journalistique mais non dénuée de poésie, nous vivons la lutte de cet homme qui refuse le dictat des chaînes, la supériorité de l’homme blanc.

Nous sommes dans un monde où la couleur de peau fait toute la différence et nous nous rendons compte avec effarement que les choses ont bien peu évolué en près d’un siècle et demi.

C’est une violente diatribe contre le racisme primaire qui a sévit dans le sud des Etats-Unis d’Amérique, ainsi que dans d’autres pays et que nous retrouvons encore de nos jours.

Nous pressentons l’arrivée des milieux extrémistes américains en cette année 1865.

Cela nous remet en face des réalités du quotidien, des naufragés et des migrations toujours dues aux mêmes causes.

Une vieille idée de suprématie aussi arriérée qu’inutile.

La mer, ce royaume liquide qui fait rêver tant de gens, qui symbolise cet espace de liberté, n’est-elle pas à ranger dans les chimères que sont la fuite et l’évasion ?

Ne dit-il pas « Est-il seulement possible de croire en la liberté du monde où chacun veut posséder, dominer ou imposer ? »

 

Yves Terrancle est un auteur engagé, dans une lutte pour la tolérance, la compréhension de l’autre, l’acceptation de la différence.

 

Il nous fait comprendre que la lutte ne peut être le fait d’un seul homme, mais doit-être celle d’un peuple et de l’évolution d’une mentalité.

Nous rencontrons furtivement Frederick Douglass, fondateur du journal abolitionniste « The North Star », Abraham Lincoln, assassiné en 1865 à Washington DC.

 

Ce très beau livre qu’est « Humana, au nom de la liberté » est à ranger dans la catégorie de « Racines » d’Alex Haley, de « Ségou » de Maryse Condé et nous remémore si besoin était que la tolérance n’est pas un vain mot.

 

 

©Kariane Maxwell, février 2018