Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Le souffle des ténèbres

Lune Ecarlate Editions ISBN 978-2-36976-285-0 144 pages

Les traditions ont la vie dure, c’est ce que semble vouloir nous dire Frederic Livyns dans son livre « Le souffle des ténèbres ».

Un roman fascinant par la multiplicité des légendes dont l’auteur nous fait part.

Les superstitions bretonnes, les fables et autres croyances millénaires qui se transmettent de générations en générations se cachent au détour de ces landes où l’atmosphère glauque des lointaines origines celtiques et écossaises nous engluent et nous pétrifient dans ce livre, à mi-chemin entre le polar et le récit fantastique.

Dès les premières pages le lecteur est happé par l’ambiance admirablement bien décrite par une plume vive et habile à maintenir le suspens.

Nous allons aussi à la découverte des premiers protestants de Bretagne, de Gilles de Rais, personnage qui exista au XV siècle et qui a longtemps servit à effrayer les enfants dans des contes.

La présence de l’Ankou, symbolisant la mort dans la mythologie bretonne est aussi évoqué.

Grâce à des recherches approfondies, Frederic Livyns nous démontre que religions et superstitions sont intimement liées.

Mais ce roman est aussi une belle parabole.

« Le passé devrait faire office d’assise, mais jamais de refuge. »

C’est le poids de l’héritage, du passé et du passif dans les familles.

C’est aussi la charge d’un ancrage judéo-chrétien, le fardeau des traditions, de la culpabilité qui se transmet d’enfants à parents face à des actes d’un ancêtre.

 

L’innocence est symbolisée par l’enfant, le sacrifice du pasteur rappelle celui du Christ pour sauver l’humanité.

« Le souffle des ténèbres » n’est pas un roman d’horreur, ni un polar, c’est l’histoire simple et presque banal du poids de l’héritage que chacun d’entre nous a à porter.

Les mots de l’auteur sont choisis, le vocabulaire est riche, la plume vive et l’écriture fluide.

Les caractères des personnages sont bien posés et les décors superbement décrits.

Un livre qui se lit à plusieurs degrés d’interprétation.

Et surtout, un livre qui se dévore.

 

©Kariane Maxwell, février 2018