Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Le goût âpre de la poussière afghane

Editions LC. www.editionslangloiscecile.fr

Le goût âpre du monde en guerre, ce monde tiraillé entre les grandes puissances, la montée des extrémistes islamistes tel est le message de Bertrand Maindiaux dans son dernier ouvrage, « Le goût âpre de la poussière afghane » parût chez LC éditions.

 

L’auteur au travers du regard de son héros François Weber nous fait vivre le cauchemar d’un enlèvement sous le regard fou d’un fanatique.

Le talent de Bertrand Maindiaux réside dans le fait qu’il est capable d’une analyse dépourvue de parti prit, énonçant les griefs du ravisseur avec une certaine lucidité.

Dénonçant avec force les après d’une guerre dévastatrice dont le monde ressent encore les affres et qui résulte des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, l’auteur nous emmène dans ce pays qui se cherche une identité, l’Afghanistan.

Il décrit avec beaucoup de maestria le sentiment de peur de cet homme enlevé, ses craintes pour sa famille, cette remise en question permanente devant l’éternelle question que devraient se poser bien des gouvernements, jusqu’où peut aller l’ingérence dans l’après.

Nous sentons chez l’auteur une grande humanité, un respect de l’autre, une volonté de comprendre le pluriculturalisme avec toutefois une mise en garde quant à l’approche de cette aide que veulent instaurer certaines ONG.

Non, " Le goût âpre de la poussière afghane" n’est pas un énième roman de guerre, ni un roman à la Gérard de Villiers.

François Weber est un anti héros, bien que héros malgré lui, c’est monsieur tout le monde qui se retrouve parachuter dans une mission humanitaire qui tourne mal.

On sent néanmoins l’homme de terrain qui se cache derrière la plume de Bertrand Maindiaux.

Sa facilité de description des protocoles militaires, ses explications presque pédagogiques du fonctionnement des armes donnent à ce roman un souffle nouveau dans le genre.

Un vaste questionnement nait au fil de la plume de l’auteur, toujours la même question qui agite tous les pays de la coalition : quel devenir pour l’Afghanistan et son peuple ?

16 ans après le début d’une guerre qui a couté la vie a tant de militaires, tant de civiles, sacrifiant toute une génération, la problématique reste la même : lutter contre des gens fanatisés, lutter contre un mode de vie imposé par une poignée de fous de Dieu.

Le constat est amer.

C’est un beau message humaniste que nous livre Bertrand Maindiaux dans son dernier roman.

A lire pour mieux comprendre le monde, et surtout accepter l’autre avec ses différences.

 

Kariane Maxwell