Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Souvenirs tragiques

Editions LC. www.editionslangloiscecile.fr

« Souvenirs tragiques » de Jessy E Loemba

 

Le bassin du fleuve Congo est riche en alvins littéraires.

De Pointe Noire à Brazzaville les auteurs congolais fourmillent de productivité.

Fort d’un passé d’oralité, de transmission des heures de gloire de leurs ancêtres par les griots attitrés aux grandes familles, les auteurs congolais ont un parcours engagé et poétique à la fois.

Jessy E Loemba , aux travers des yeux de son héros Machiti,  nous livre sa vision des évènements tragiques qui secouèrent le Congo dans les années quatre-vingt-dix.

Sans fausse pudeur, il nous montre un pays englué dans une violence étatique, une quasi dictature sous couvert de démocratie.

Les clivages ethniques sont toujours sous-jacents alors que le pays et son peuple auraient bien besoin d’unité.

La plume affutée de l’auteur saupoudrée de philosophie nous emmène dans un roman écrit tout en finesse, tout en suggestion.

Il veut nous démontrer que la France –Afrique gangrène toujours les pays indépendants.

Le choix du nom fictif du président français est très évocateur, laissant entrevoir une sorte de mafia étrangère qui régnerait sur les présidences de certains pays.

Nous suivons avec angoisse les pérégrinations de Machiti, ces moments où tout peut  basculer dans la moiteur de cette ville centre africaine.

 

Ce moment où pour un simple écart de langage, une appartenance ethnique différente, tout un quartier peut s’embraser et courir tel un feu de savane jusqu’à renverser le pouvoir.

C’est le jeu trouble des alliances internationales qui est mis en lumière dans ce très beau livre qu’est « Souvenirs tragiques ».

Une volonté de sortir d’un cheminement voulu par un passé colonial encore trop omniprésent tel est le souhait intrinsèque de l’auteur.

Alors à l’heure où la rentrée littéraire bat son plein, il m’a paru utile de vous faire redécouvrir ce très beau livre de Jessy E Loemba parût chez Editions LC.

 

©Kariane Maxwell, août 2016