Journaliste,chroniqueur, critique littéraire


Au-delà des maux

Editions LC. www.editionslangloiscecile.fr

Au-delà des maux de Noel Kodia Ramata

« Pourquoi les hommes politiques nous fatiguent-ils avec leurs histoires de pouvoir ? »

Voici une question qui pourrait être universelle et qui se pose dans le très beau roman de Noël Kodia Ramata.

Ce pouvoir qui occulte tout, même la fraternité, l’amitié, qui engage de jeunes gens dans des guerres sans fin.

Ces guerres qui déchirent le monde, qui bousculent l’Afrique, elle-même plongée dans des imbroglios politico-financiers.

Le jeu des puissances, l’altruisme de certain gouvernement sont dénoncé dans un livre sans langue de bois.

Nous vivons, au travers des différents personnages, la mondialisation de l’Afrique, le

relâchement des mœurs, la banalisation de la violence.

Noël Kodia Ramata, avec « Au-delà des maux » nous livre un constat amer de ce qui se passe sur ce continent largement exploité par la cupidité des uns et des autres.

Il dénonce avec force les pouvoirs dynastiques en place depuis des décennies.

C’est avec les yeux de Stève, de Mâ Bouesson qui nous vivons cette guerre. C’est avec cette jeunesse sacrifiée, droguée pour avoir le courage de passer à l’acte, que nous découvrons les plaies des affrontements qui affectent de nombreux pays, non seulement d’Afrique, mais du monde.

Car le roman de Noël Kodia Ramata se veut universel.

 Ce qui se passe dans son pays, le Congo, peut se passer n’importe où dans le monde, ainsi que le dit très bien Pierre Ntsemou dans sa magnifique préface.

La corruption, l’ethnisme, les croyances ainsi que l’influence des religions, chrétiennes ou islamiques, se mélangent jusqu’à devenir une bombe à retardement. L’auteur pose la question d’un automne africain au même titre que le printemps arabe en espérant que l’Afrique de l’ouest et centrale s’en sortiront mieux démocratiquement.

 

De prime abord le lecteur se dit que le sujet est grave et il l’est. La guerre n’est pas un sujet anodin.

Dans son livre, Noël Kodia Ramata nous livre sans pudeur sa vision de son Afrique, avec un style parfois cru, teinté d’émotion, avec un sourire en coin derrière certaine situation.

La description du conflit est faite d’images de guerre comme on en voit malheureusement trop souvent.

Mais la vie continue, c’est son message.

La vie malgré tout, avec à l’horizon, un espoir.

Celui que la culture, la littérature ne sont pas mortes et aideront les générations futures à appréhender un avenir parfois sombre.

Ce très beau livre, tout en sensibilité, sans voyeurisme peut permettre aux lecteurs de comprendre les soubresauts qui agitent le continent africain à l’heure où le pouvoir des « vieux » dirigeants est remis en question par la jeunesse.

Encore une belle plume venue du bassin du Congo.

 

Kariane Maxwell, pour Editions LC.